Sculp'terre 2021


Claudie CHARNAUX céramiques
"Originaire du Jura, Claudie s’installe à Morogues après ses études dans l’atelier de Jean et Jacqueline Lerat à l’école des beaux-arts de Bourges. En utilisant le grès engobé cuit en four à gaz, elle crée une gamme d’objets utilitaires longtemps décorés par des séries de carrés aux couleurs dégradées. Aujourd’hui, ses décors se sont diversifiés. Des fleurs à dominantes roses ou bleues sur les petites pièces et des compositions florales impressionnistes sur les vases, côtoient des déclinaisons pointillistes ou abstraites jouant sur la répétition de bulles colorées sur les fonds noirs de bols, théières ou plats… Elle cuit maintenant dans un four électrique à 1260° et occasionnellement au bois."
Nicole Crestou

Jean GUILLAUME céramique
"Très redevable à l’enseignement de Françoise Bizette puis de Jean Lerat, il restera amicalement attaché à son « maître ». Fidèle aux techniques enseignées, Jean Guillaume a su trouver un chemin très personnel et original. Ses sculptures comme ses pièces plus fonctionnelles présentent toujours une touche d’humour. Bols, mugs, soupières sont anthropomorphes, un bras sert d’anse, un chapeau de couvercle à une tête-pot sur pieds. Les sculptures animalières sont stylisées, dépouillées mais proches de l’art singulier. Jean Guillaume valorise le modelé en n’utilisant que peu de couleurs, celles apportés par les engobes, adoucies par les cendres et la réduction de la cuisson au bois du four de Sèvres."
Nicole Crestou

Daniel LACROIX céramique
"Depuis son installation en 1995, Daniel Lacroix articule sa démarche autour du geste reflétant l’humain dans la société. Une pratique manuelle, quelle que soit son intensité engendre une charge émotionnelle à travers une œuvre. Cette part humaine, l’objet créé la diffuse. Comme s’il était impossible d’échapper à qui l’on est réellement. Attaché aux textures et aux formes, Daniel travaille la terre et d’autres matériaux, si la question artistique le nécessite. Dès l’instant où cela valorise la mixité qui est à la base de sa démarche. Mais aussi un début de réponse à cette question « C’est quoi l’art » inscrite au mur de son atelier."
Bernard David
Une facette du travail de Daniel Lacroix sur la mixité se développe avec les architectures. Cette recherche propose une simplicité primitive, une image de force mais aussi un déséquilibre.
Ce jeu avec l’espace s’affranchit des frontières entre architecture et sculpture, il se positionne comme reflet du monde contemporain et s’oppose à toute complexité construite.

François MARECHAL céramique
Nicole CRESTOU nous explique que « C’est auprès de Jean LINARD que François MARECHAL concrétise son envie de travailler l’argile.
Il abandonne son premier métier pour suivre les cours aux Beaux-Arts de Bourges dans l’atelier de Jean et Jacqueline LERAT.
Il tourne le grès et cuit au bois, puis se spécialise dans le raku cuit au gaz.
Cette pratique lui permet plus de spontanéité et d’expérimentations rapides.
Avec son nouveau four à bois, il revient à la haute température et réalise des vases et des sculptures qui mettent en valeur des jeux de matières d’écritures et de reliefs.
Il dessine ses pièces, les construit par un assemblage de plaques, les grave, incruste des sables, les engobe légèrement. Entre rigueur géométrique et sensualité organique, ses œuvres témoignent d’une recherche esthétique accomplie ».
Joël MAROT céramique
Le travail de la céramique que Joël MAROT pratique depuis 1994 peut être qualifié de sculptural. Le plus souvent il transcrit la forme entrevue en assemblant des plaques de Grès fortement chamotté.
Le monolithe, la statue menhir n’est jamais très loin, paradoxalement le futurisme non plus.
Tout un pan de son travail s’exprime également dans la frontalité par la réalisation de panneaux : assemblages de carreaux émaillés, panneaux constitués d’assemblage divers et superposés.
Depuis quelque temps il expérimente la rencontre avec les matériaux non céramique : verre, bois, métal. Les pièces sont recouvertes de matériaux simples avant cuisson : terres, engobes et oxydes, cendres, le feu faisant office de dernier intervenant avant la cuisson au bois ou au gaz en haute température.
S’il était contraint de définir sa démarche, Joël dirait que « ses créations semblent s’imposer à lui comme inévitable ».

Francine MICHEL céramiques
Après un passage par le dessin, la peinture, l’artisanat sous des formes variées, Francine MICHEL a fait en 1989 une rencontre décisive et révélatrice avec la terre qui décida de son expression artistique.
Travailler la matière avec les mains, monter un volume malléable à l'infini, créer une forme dans l'espace et voir naître la manifestation de ses aspirations intérieures furent une révélation.
La terre lui permettant des formes élancées fusant vers le ciel, le colombin est devenu son mode d'expression et de prédilection.
Francine biscuite la terre à 900°, ensuite par pulvérisation, elle habille ses créatures de plusieurs couches d’oxydes et d'engobes de différentes couleurs.
Le grand feu : cuisson à hautes températures est le stade ultime et comme initiatique, elles naissent, se métamorphose définitivement prennent leurs formes et leurs couleurs, elles deviennent vivantes, autonomes, et peuples les jardins.
De Francine Michel, A. Le Gallo dit qu’ʺelle peuple la salle à la façon de ces arbres dont Baudelaire rappelait comme ils sacralisent l’espace : Passant en effet entre ses céramiques, admirant leur puissance dressée au ciel, on se sent interrogé soi-même par ellesʺ.

Marylène MILLERIOUX céramique
"Depuis son installation en 1994, Marylène Millérioux rassemble, accumule, multiplie l’objet identique. Cette addition répétitive génère une force. Cela s’ordonne ou se désordonne suivant son intuition. L’observation des matériaux employés détermine l’importance de l’installation. D’un CAP d’ajusteur-outilleur elle conserve un attachement au métal, à la ferraille. Mais son regard se porte aussi sur la blancheur et la douceur de la porcelaine ; sans oublier la matité du grès blanc. Les pièces modelées ou montées au colombin sont cuites essentiellement à l’électrique, parfois au bois. Cette question « c’est quoi l’art » écrite au mur de son atelier donne le cap à sa vie."
Bernard David
À la frontière entre l’organisation et la désorganisation :
La répétition d’un seul fragment afin de lui donner une nouvelle forme, unifiée et totalisante est à l’origine des créations de Marylène Millérioux.
Cet élément ne devient alors qu’un détail, qu’un support qui est finalement révélé par l’accumulation permettant de donner une forme singulière.

Thierry SIVET Céramiques
Après 25 ans de Raku et une grosse dépression hivernale, Thierry SIVET avait le choix entre les antidépresseurs et la couleur, il a choisi la couleur !
Explorer les couleurs vives et franches pour leur donner une tonalité particulière et les marier à la matière brute travaillée au colombin. Le colombin, technique ancestrale qui révèle l’humanité sensible, l’énergie vitale de la terre.
Que les céramiques soient bouteilles, totem ou monolithes, il aime chercher l’équilibre entre la force tranquille du volume et la matière dans la simplicité des lignes que la couleur vient éclairer.
Le feu achève de donner à la terre et aux couleurs une patine, comme un chuchotement de l’humanité passée ou future.

Jean-Pol URBAIN céramiques
La démarche de Jean-Pol URBAIN est sculpturale et volontairement abstraite. Le modelage, le tournage, le moulage, le coulage et l'estampage constituent l'essentiel de ses modes de construction.
Sa céramique est avant tout architecture : les volumes naissent à partir des formes premières.
L'équilibre et l'alternance de rythmes lents ou saccadés constituent la base de son vocabulaire céramique. Sa céramique est aussi écriture : grattages, incrustations et scarifications fouillent et griffent l'argile, tracent des courbes et des sections précises et nettes.
Sa céramique est enfin épiderme : la surface figée se revêt de fines couches d'engobes légèrement colorés.
La pureté de la forme et la tendresse de la matière s'animent de nuances changeantes par le jeu de la lumière.
Lors de la cuisson, le feu va transfigurer le volume entre force et fragilité, l’élan vital des traces et des écritures dont l'apparente rigueur devient poème, défis au temps, supports à la pensée, à la méditation.